samedi 14 novembre 2009

N°4 Les enregistrements d'images permettent-ils de gérer la circulation et l'ordre publique lors des manifestations ?

manifestation cyclo-nudiste à Paris

La préfecture de police met en avant la nécessité, pour les moyens de secours, de connaître l’état de la circulation, et, pour la police, de réagir en cas de problème lors de manifestations. Mais pourquoi serait-il 

nécessaire d’enregistrer des images si l’objet est de réagir en temps réel ?!? 


source: collectif démocratie et libertés 

vendredi 13 novembre 2009

N°3 Les caméras permettent-elles d’élucider les crimes et les délits ?

Fantomas contre Scotland Yard


La préfecture de police tente de convaincre que les images enregistrées permettent

d'interpeller les auteurs de délits. Mais, en réalité, soit les enquêteurs savent déjà qui

ils recherchent (et les images trouvées ne sont qu’un élément, pas indispensable à

l’enquête, comme le souligne Scotland Yard), soit, par hasard, ils reconnaissent un

visage à l’écran.

« En raison de la faible efficacité dissuasive de l’outil [la vidéosurveillance] tend

progressivement à se transformer en un outil de police judiciaire plus qu’en un

outil de dissuasion. Son impact statistique sur l’identification et l’arrestation des

suspects est toutefois variable et quantitativement faible. Par comparaison au

nombre total de délits élucidés, ceux qui l’ont été grâce à des preuves

apportées par la vidéosurveillance demeurent en effet peu nombreux. » –

Rapport « Vidéosurveillance et espaces publics » de l’IAURIF(2)


source: colectif démocratie et libertés 

jeudi 12 novembre 2009

N°2 La vidéosurveillance empêche-t-elle les crimes et les délits ?



Non, elle ne fait qu’éventuellement les déplacer. Et ce phénomène est bien exploité par

les marchands de vidéosurveillance, qui le nomment « l’effet plumeau » : une ville

s’équipe, la communication bat son plein… et les villes voisines se sentent obligées

de s’équiper à leur tour, etc.

De plus, les études montrent que plus on augmente le nombre de caméras, moins

c’est efficace, car les moyens humains ne peuvent pas suivre (sauf à mettre une

moitié de la population derrière les écrans à surveiller l’autre).

« Rien ne prouve qu’il existe un lien entre les systèmes de vidéosurveillance et

la baisse de la délinquance. La délinquance baisse aussi dans des villes où il n’y

a pas de vidéosurveillance », répond Sébastien Roché, directeur d’études au

CNRS travaillant sur les questions de délinquance et de sécurité, à Libération le

10 novembre 2007. C’est le cas à Paris : le Préfet s’enorgueillit d’une baisse

continuelle de la délinquance de proximité ces dernières années (- 50%).

« Les caméras de sécurité, omniprésentes, ne réduisent pas significativement la criminalité. Il

y a bien entendu des exceptions, et c’est ce que met en avant la presse […]. Mais ce sont

des exceptions très médiatisées. Malgré tout, les caméras de surveillance ne sont pas très

efficaces. », – Bruce Schneier, chief security officer chez BT.

« La vidéosurveillance n’a qu’un faible impact dans les espaces étendus ou

complexes (métros, dédales de rue) où les caméras de surveillance ne

dissuadent pas les délinquants potentiels de passer à l’acte (pour des vols à

l’arraché, vols à la tire, vols à l’étalage). […elle] n’a quasiment aucun impact sur

les délits impulsifs […]. Plus généralement, cet outil n’a qu’un faible impact

dissuasif sur les atteintes aux personnes. » – Rapport « Vidéosurveillance et

espaces publics » de l’IAURIF(2)

source: collectif démocratie et libertés

mercredi 11 novembre 2009

N°1 300 millions d’Euros : et quelle efficacité ?


le secteur laitier obtiendrait 300 millions d'euros d'aides


On entend régulièrement : « l’efficacité de la vidéosurveillance contre la

délinquance n’est plus à démontrer ». La réalité est bien différente.

Existe-t-il des études ? Aucune étude sur l’efficacité de la vidéosurveillance

en milieu ouvert n’a été faite en France, ce qui est souligné dans la conclusion du

rapport de l’INHES (Institut national des Hautes Etudes de Sécurité) de juillet 2008,

intitulé « La vidéoprotection – Conditions d’efficacité et critères d’évaluation » (1).

Le rapport « Vidéosurveillance et espaces publics » de l’Institut d’Aménagement

et d’Urbanisme de la région Ile de France d’octobre 2008 (2) renchérit : « En

France, aucune étude d’impact méthodologique recevable, sur laquelle il pourrait

être réellement débattu de l’efficacité ou non des systèmes de vidéosurveillance

dans les espaces publics (rues, places, parcs) n’a été réalisée ».

Des études ont été réalisées en Grande-Bretagne (par ex. : Assessing the impact of

CCTV(3)) et aux USA (Video Surveillance of Public Places(4)). Ces études montrent

une efficacité quasi nulle (ex, à Londres : 3% des vols élucidés grâce aux

caméras). Mick Neville, officier responsable de la vidéosurveillance à Londres

concluait une interview pour le Guardian le 6 mai 2008 par « c’est un véritable

fiasco ». En Août 2009, il confirme l'inefficacité de la vidéosurveillance lors de la

présentation du rapport 2008 : seulement 1 délit pour 1000 caméras a été résolu

grâce à la vidéosurveillance.

Quand ils existent, les tout petits résultats sont toujours liés à la mise en place d’un

projet global où les caméras ne sont qu’un élément d’un dispositif global de prévention.

Des journaux ont évoqué, fin août 2009, un rapport gouvernemental confidentiel

montrant que la délinquance augmente moins vite dans les villes vidéosurveillées :

mais ces chiffres reflètent d’abord l’activité policière, et ne distinguent pas l’impact de

la vidéosurveillance des autres moyens mis en oeuvre. Quant aux exemples cités, ils

perdent toujours de leur intérêt à la lumière d’une lecture critique.

Conclusion : les caméras de surveillance dans l’espace public sont hors de

prix en regard de leur utilité !

Collectif Démocratie et Libertés 

25 questions et réponses sur le plan "1000 caméras pour Paris"

La Préfecture de Police a lancé un plan “1000 caméras pour Paris”,

consistant à installer 1 250 caméras dans les rues et sur les places de

notre ville, pour un budget de plus de 300 millions d’Euros. L’objectif

annoncé est de lutter contre le terrorisme et la délinquance. Mais …

mardi 10 novembre 2009

Gatignon:" C'est le PCF qui m'a quitté"

La chute du mur de Berlin  (Patrick Piel/Gamma)

Stéphane Gatignon, 40 ans, est maire PCF de Sevran (Seine-Saint-Denis) depuis mars 2001. Il confie en exclusivité à Libération son choix d’être «candidat aux élections régionales sur la liste d’Europe Ecologie». Et ambitionne - «pourquoi pas ?» - d’être tête de liste en Seine-Saint-Denis.

Vous êtes la première figure communiste à rejoindre ce rassemblement. Qu’est-ce qui motive votre décision ?

Depuis la chute du mur de Berlin, on est resté dans le tunnel de la fin du communisme. L’explosion du réacteur de Tchernobyl aurait dû être refondatrice, en ce qu’elle remet en cause le productivisme et l’industrialisation planificatrice. Mais nous n’avons jamais travaillé sur ce qu’a représenté pour nous l’écroulement du monde soviétique. Ni réussi à remettre en cause notre matrice marxiste-léniniste, y compris en termes d’organisation du parti. Entre-temps, des éléments nouveaux ont surgi, comme le réchauffement climatique, la finitude des ressources de la planète.

Vous quittez le parti ?

C’est plutôt le parti qui m’a quitté. Mais je reste communiste.

Avez-vous rencontré Marie-George Buffet ?

L’ambiance était chaleureuse, il ne manquait que le thé et les boudoirs. Elle est sympa, Marie-George. Sur le fond, elle a trouvé que je n’avais pas tort. C’est tellement le marasme intellectuel et le désarroi dans le parti… Tout le monde est gêné, car les questions posées par mon départ sont de vraies questions. Je pense que le parti devra participer à la recomposition qui se fera après les régionales autour d’Europe Ecologie. Sinon il mourra.

Comment réagissent vos camarades ?

Ceux qui viennent me voir en me disant «c’est compliqué mais intéressant» ont moins de 45 ans. Pour les autres, c’est plus dur. Au PCF, quand tu es dissident, c’est : «Tu restes et tu te tais» ou «tu t’en vas et tu te tais».

Vous tirez la leçon de l’échec des communistes refondateurs ?

On a fait de très belles choses. Il y a eu des écrits très justes et très forts, notamment entre 1989 et 1993. Depuis, on tourne en rond parce qu’on n’a pas su aller au bout de la rupture. Il n’y a que l’Humanité pour écrire, la semaine dernière, que la RDA, c’était mieux ! Depuis trente ans, la direction du PCF a mis tous ses dissidents dans un ghetto intellectuel et l’extrême gauche s’est enfermée dans la pureté révolutionnaire.

Le paradigme écologique oblige à repenser la question sociale ?

Pour moi, l’écologie est d’abord une question sociale. Au sein de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine), aucun élu de droite comme de gauche ne s’est battu pour financer des appartements à basse consommation et des réhabilitations HQE (haute qualité environnementale). A la cité des Beaudottes aujourd’hui, on est entre 150 et 200 euros de charges mensuelles, alors qu’on peut livrer des appartements à 150 euros de facture annuelle.

Vous allez incarner l’écologie sociale de banlieue au sein d’Europe Ecologie ?

Ce qui est intéressant avec Europe Ecologie, c’est que cela crée un cadre où chacun peut apporter son histoire, sa vision du monde et des éléments concrets pour un projet. Si on veut s’en sortir demain, on doit mettre au cœur la transformation sociale et écologique de la société.

L’écologie n’est pas qu’une préoccupation de bobos ?

C’est une façon d’offrir un débouché politique, aux bobos comme aux précaires. Le vide de projet à gauche est insupportable vu le chaos, la tempête que l’on vit aujourd’hui en banlieue sur la question de la violence, du trafic. Quand je dis : posons la question de la réglementation du cannabis, la gauche s’arc-boute sur l’interdit.

Jean-Paul Huchon (PS) se pose comme «le meilleur gestionnaire d’une région solidaire et compétitive». Comment jugez-vous son bilan ?

En 2004, la gauche s'est engagée à faire la carte orange à tarif unique sur l'ensemble de l'île de France. C'est la condition pour se sentir habiter la même métropole. Cette promesse, financièrement jouable, n'a jamais été tenue. C'est très symbolique, de tout ce qui a été loupé. Aujourd'hui, la gauche a un genou à terre parce que le PS, à force d'accompagner la social démocratie, s'est fondu dans le social libéralisme et que le PCF a été incapable de proposer autre chose. Même en étant au pouvoir, on a structuré une société profondément inégalitaire.  


dimanche 1 novembre 2009

Great ? black music


Underground Resistance


En 2008 est paru un livre du journaliste Philippe Robert (collaborateur notamment pour les inrockuptibles, vibrations et jazz magazine) intitulé great black music. Un parcours en 110 albums essentiels précise le sous titre. De sa démarche Philippe Robert ne nous donnera pas plus de précisions.


Philippe Robert "great black music"

Great black music est un terme qui fut inventé par le art ensemble of Chicago pour rassembler les musiques afro américaines conscientes sous un même vocable. Dans ce sens Florent Mazolleni écrit dans sa préface : "la grande musique noire a toujours été un poing levé, à la fois à l'égard des conditions socio-économiques au sein desquelles elle a pris forme, mais aussi comme relais de diffusion vindicatif de vibrations inédites."


art ensemble of chicago "nice guys"

Pourtant si ce parcours en 110 albums essentiels rend hommage à une grande partie de la great black music il en maltraite  des pans entiers. Sans surprise le blues, le jazz et la soul sont à l'honneur et une petite place est faite au hip hop.  Toujours comme convenu le disco se fait mépriser comme "un genre par essence indéfini racialement et politiquement". Il est vrai que le disco s'est plus attaché à vivre son idéal qu'a le scander : love is the message! Mais contrairement à Philippe Robert les conservateurs de tout poils ne s'y sont pas trompés et ont concentré tous leurs efforts sur ce mouvement éminemment subversif.

  

Plus grave, la techno de Detroit et la house de Chicago sont ici tout bonnement rayés de la carte des musiques afro-américaines. Si on imagine facilement que l'hédoniste house de Chicago se voit reprocher les même tares que le disco (décidément les mouvements gays ont du pain sur la planche). On ne voit pas bien ce que les insurgés d'Underground Resistance ont à envier à Archie Shepp ou à public enemy ?

Ron Hardy at music box

Etonnamment une poignée de Jamaïcains figure dans ce parcours de la great black music. 
Pourtant ni l'insatiable appétit du art ensemble of Chicago, ni l'immense influence des musiques Jamaïcaines (notamment celle du dub sur le disco la techno et la house), ni les innovations décisives qu'ont apporté les immigrés Jamaïcains (DJ Kool Herc, Grandmaster Flash, Afrika Bambaataa...) ne peuvent expliquer leur présence dans ce livre .

Grandmaster Flash & the furious five


Même si ils partagent avec les afro américains l'histoire de la traite des noirs, les Jamaïcains ne partagent en rien leurs conditions socio-économiques. Seules des thèses panafricanistes comme celles de l'Universal Negro Improvement pourraient expliquer leur présence dans un ouvrage consacré à la great black music.

Marcus Garvey fondateur de l'UNIA

Encore plus gros,  Fela Ransome Kuti est du voyage et il est le seul représentant du continent africain. 

Myriam Makeba

Ainsi partant d'un objet bien définit : les musiques afro-américaines conscientes, ce livre s'enlise dans un concept flou : la musique noire, qui de surcroît aurait ici pour parent pauvre : l'Afrique !

A lire sur un sujet approchant : la Parole noire* une sélection de disques réalisée par Philippe Carles, Matthieu Devert, Fréderic Goaty et Lorraine Soliman à le mérite de rester 
  
*jazz magazine n° 573 septembre 2006

mercredi 14 octobre 2009

Non à la vidéosurveillance !