dimanche 1 novembre 2009

Great ? black music


Underground Resistance


En 2008 est paru un livre du journaliste Philippe Robert (collaborateur notamment pour les inrockuptibles, vibrations et jazz magazine) intitulé great black music. Un parcours en 110 albums essentiels précise le sous titre. De sa démarche Philippe Robert ne nous donnera pas plus de précisions.


Philippe Robert "great black music"

Great black music est un terme qui fut inventé par le art ensemble of Chicago pour rassembler les musiques afro américaines conscientes sous un même vocable. Dans ce sens Florent Mazolleni écrit dans sa préface : "la grande musique noire a toujours été un poing levé, à la fois à l'égard des conditions socio-économiques au sein desquelles elle a pris forme, mais aussi comme relais de diffusion vindicatif de vibrations inédites."


art ensemble of chicago "nice guys"

Pourtant si ce parcours en 110 albums essentiels rend hommage à une grande partie de la great black music il en maltraite  des pans entiers. Sans surprise le blues, le jazz et la soul sont à l'honneur et une petite place est faite au hip hop.  Toujours comme convenu le disco se fait mépriser comme "un genre par essence indéfini racialement et politiquement". Il est vrai que le disco s'est plus attaché à vivre son idéal qu'a le scander : love is the message! Mais contrairement à Philippe Robert les conservateurs de tout poils ne s'y sont pas trompés et ont concentré tous leurs efforts sur ce mouvement éminemment subversif.

  

Plus grave, la techno de Detroit et la house de Chicago sont ici tout bonnement rayés de la carte des musiques afro-américaines. Si on imagine facilement que l'hédoniste house de Chicago se voit reprocher les même tares que le disco (décidément les mouvements gays ont du pain sur la planche). On ne voit pas bien ce que les insurgés d'Underground Resistance ont à envier à Archie Shepp ou à public enemy ?

Ron Hardy at music box

Etonnamment une poignée de Jamaïcains figure dans ce parcours de la great black music. 
Pourtant ni l'insatiable appétit du art ensemble of Chicago, ni l'immense influence des musiques Jamaïcaines (notamment celle du dub sur le disco la techno et la house), ni les innovations décisives qu'ont apporté les immigrés Jamaïcains (DJ Kool Herc, Grandmaster Flash, Afrika Bambaataa...) ne peuvent expliquer leur présence dans ce livre .

Grandmaster Flash & the furious five


Même si ils partagent avec les afro américains l'histoire de la traite des noirs, les Jamaïcains ne partagent en rien leurs conditions socio-économiques. Seules des thèses panafricanistes comme celles de l'Universal Negro Improvement pourraient expliquer leur présence dans un ouvrage consacré à la great black music.

Marcus Garvey fondateur de l'UNIA

Encore plus gros,  Fela Ransome Kuti est du voyage et il est le seul représentant du continent africain. 

Myriam Makeba

Ainsi partant d'un objet bien définit : les musiques afro-américaines conscientes, ce livre s'enlise dans un concept flou : la musique noire, qui de surcroît aurait ici pour parent pauvre : l'Afrique !

A lire sur un sujet approchant : la Parole noire* une sélection de disques réalisée par Philippe Carles, Matthieu Devert, Fréderic Goaty et Lorraine Soliman à le mérite de rester 
  
*jazz magazine n° 573 septembre 2006

1 commentaire:

zan a dit…

"On ne peux être trahi que par ceux que l'on aime !"

Quelle déception ce Phil Robert !... J'espère qu'il a + collaboré avec Vibrations et Jazz mag qu'avec Les Inrocks parce que là sinon tout s'explique à la manière de ce que je pense du canard : Une sorte de Télérama pour jeune ! c'est à dire qui "parait" pointu, engagé et intéressant alors qu'en réalité c'est cucu, catho, coincé, superficiel voire quasi pathétique...

Vivement qu'on l'en cause .... mais faut faire gaffe, c'est le genre de sujet qui m'empêche de dormir et me rend bavard....à biental.

Z.